Juliette Pavy
Jardin d'hiver ©Rotunno Justman Architectes
Vue d'ensemble ©Rotunno Justman Architectes
Coquilles d'huîtres de Cancale (c) Juliette Pavy
(c) Juliette Pavy
La Plage de Cancale (c) Juliette Pavy
A la Plage de Cancale (c) Juliette Pavy
Type de MOA
Type de projet
Étape du projet
Cancale
France
- Taille de l'opération : 28 logements
- Nature : libre, 5 PLS
- Typologies : studios et collocations (20), T2 (4), T3 (4)
- Locaux : espaces communs mutualisés (100m2), MAM (150m2), tiers-lieux (150m2)
- Innovations : Habitat permettant de maintenir l’autonomie des personnes séniors par le lien social
À proximité d’un hôpital et d’un EHPAD, ce projet expérimente la construction de quatre maisons multigénérationnelles, composées autour d’un lieu commun afin de permettre aux personnes âgées isolées de vivre dans une petite collectivité familiale en restant le plus possible actives pour conserver leur autonomie. La forme d’habitat propose différents gradients d’intimité : chambre individuelle, maisonnée de 4 à 5 personnes et résidence globale composée de 4 maisonnées.
- Collectivité : Commune de Cancale
- Maitrise d'ouvrage : Association Vivons Ensemble
- Architecte : Bulle Poirier & Justman Architectes
- Structure de recherche : AG&D
L’expérimentation « Béton de Cancale » (BéCOQ) avait pour ambition de développer un béton structurel intégrant des coquilles d’huîtres issues du gisement ostréicole local, en substitution des granulats minéraux traditionnels, dans une logique d’économie circulaire et de réduction de l’empreinte carbone du secteur de la construction. Menée avec le laboratoire BGEA, la démarche a consisté à caractériser puis tester une formulation à base de coquilles concassées et criblées (fractions 0/6 et 6/14), sans traitement thermique, afin d’évaluer son aptitude à un usage en environnement marin sévère de classe d’exposition XS3. Le choix méthodologique reposait sur une recherche indépendante visant à produire une formulation réplicable et non brevetée, permettant à terme une appropriation par l’ensemble de la filière plutôt qu’une solution dépendante d’un industriel unique.
Conclusions et retours d’expérience
L’expérimentation a montré que l’objectif initial consistant à remplacer totalement les granulats traditionnels par des coquilles d’huîtres dans un béton destiné à des usages structurels en bord de mer n’était pas encore atteignable. Les essais ont mis en évidence que les coquilles, par leurs caractéristiques propres, modifient le comportement du béton et limitent ses performances lorsqu’elles sont utilisées en trop grande quantité. Toutefois, ce résultat constitue un enseignement précieux : il a permis d’identifier les conditions dans lesquelles la valorisation des coquilles reste pertinente. La piste la plus prometteuse consiste désormais à intégrer une part plus mesurée de coquilles dans le béton, tout en conservant les qualités nécessaires à son usage. Cette approche permettrait de valoriser un déchet local, de réduire l’impact environnemental du matériau et d’ouvrir la voie à de nouvelles solutions de construction plus circulaires. Au-delà du résultat technique, le projet BéCOQ démontre l’intérêt d’expérimenter, de tester et d’apprendre collectivement pour faire émerger des matériaux innovants adaptés aux usages réels.
Deux grands objectifs stratégiques sont portés par la maîtrise d'ouvrage et l'équipe du projet.
Une innovation dans l'utilisation des matériaux avec la récupération et la transformation d'huîtres en béton. Le choix de travailler avec un laboratoire a été retenu, adossé à la désignation précoce d’un contrôleur technique. Une fois la formulation validée, n’importe quelle entreprise aurait pu reproduire ce type de béton, la filière des coquilles n’étant verrouillée par aucun brevet privé. Au terme du travail de mise au point en laboratoire, la formulation envisagée n’a toutefois pas pu être validée pour des raisons techniques liées au comportement du matériau. L’expérimentation produit malgré tout un résultat utile à la filière : la documentation rigoureuse d’une voie testée, ses limites identifiées, et un référentiel méthodologique pour des équipes futures qui chercheront à valoriser d’autres coproduits ostréicoles.
Concernant l'objectif de créer un habitat intergénérationnel, des difficultés se sont posées notamment du point de vue du modèle économique capable d'assumer la programmation initiale. Le travail de montage juridique et financier par l'Association Vivons Ensemble est toujours en cours, avec un tour de table d'investisseurs pour sécuriser le projet.