Rue de face © Polynôme
Angle de rue, insertion urbaine © Polynôme
Immeuble existant
Type de MOA
Type de projet
Étape du projet
Lille
France
- Nombre de logements : 21 logements
- Nature : 10 PLAI, 9 PLUS, 2 LLI
- Typologie : T1 (1), T2 (5), T3 (7), T4 (5), T5 (3)
- Surface SDP : 1647 m² pour les logements, une cellule commerciale de 230 m² et un local en sous-sol pour Radio Cité Vauban de 93 m²
- Surface SHAB : 1526 m²
- Innovations : réisolation par l’intérieur en paille, réemploi (valorisation de 70% des matériaux/équipements déposés), végétalisation des façades, récupération eaux pluviales
Il s'agit d'un projet de réhabilitation et de requalification d'un immeuble de bureaux en un ensemble de 21 logements locatifs sociaux et d'une cellule commerciale, en centre-ville de Lille.
Cet immeuble, construit dans les années 1970 et appartenant auparavant à une compagnie d'assurance, se situe à proximité immédiate du centre-ville, dans un environnement dense qui présente une mixité de fonctions : habitations, bureaux, activités, commerces, écoles, universités. Ce projet s'inscrit dans une mutation d'immeubles de bureaux existants, qui restent inoccupés, constituant désormais une nouvelle opportunité pour créer des logements.
Le projet du 216 rue Nationale entend porter une réflexion sur la densification en cœur urbain, par la surélévation du bâtiment existant. La réhabilitation de l'existant passe par une réhabilitation passive, au travers d'une réisolation par l'intérieur en paille, par l'ajout d'un étage supérieur, qui va permettre un important apport solaire dans le bâtiment. Un travail autour de la qualité d'usage des logements est également réalisé, avec notamment une présence végétale en cœur d'îlot, la mise en place de circulations piétonnes en rez-de-chaussée, l'installation de nichoirs en façade pour renforcer la biodiversité sur le site.
Le projet a été retenu parmi les 20 lauréats incubés et a bénéficié de financements pour réaliser des études et missions complémentaires afin d'atteindre les ambitions environnementales proposées par l'équipe lauréate. Elles sont décrites ci-dessous.
La conception du projet repose sur une démarche passive visant à réduire les besoins de chauffage grâce à la maximisation des apports solaires, tout en intégrant des protections solaires adaptées pour garantir le confort d’été. Dans ce contexte, la surélévation du bâtiment constitue un élément essentiel pour atteindre les objectifs de la certification Enerphit, le bâti situé en vis-à-vis créant un masque important sur les étages inférieurs de la façade sud. Ce niveau supplémentaire permet de bénéficier d’un ensoleillement nettement amélioré, indispensable au fonctionnement du système de chauffage par ventilation double flux. Il présente également des avantages urbains, techniques et économiques en limitant l’étalement urbain, en créant environ 110 m² de surface de plancher supplémentaire et en contribuant à l’équilibre financier de l’opération. Réalisée en ossature bois légère, cette surélévation reste toutefois aujourd’hui le principal point de blocage du projet en raison des recours engagés par des riverains.
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Novembre 2026 : désignation nouveau groupement de MOE
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Janvier 2027 : Études PRO + reprise curage/réemploi
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Mars 2027 : AO bâtiment
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Juin 2027 : OS bâtiment
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3T 2029 : Livraison
Retours des études techniques issues de l'incubation :
L’opération a mis en évidence l’importance de valider très en amont la faisabilité technique de certaines ambitions environnementales. Ainsi, le groupement de maîtrise d’œuvre avait initialement étudié la récupération des eaux pluviales des toitures non accessibles du bâtiment afin de les stocker dans une cuve implantée en sous-sol et de couvrir une partie des besoins du bâtiment (sanitaires, lave-linge et entretien des parties communes). Les diagnostics structurels ont toutefois démontré l’impossibilité de mettre en œuvre cette solution : la structure existante ne disposait pas d’une capacité portante suffisante pour accueillir l’ouvrage et la présence d’une nappe phréatique affleurante imposait un pompage permanent pour éviter l’inondation du sous-sol. En outre, les eaux issues de cette nappe étant considérées comme potentiellement polluées, leur valorisation pour des usages domestiques n’était pas envisageable. Une solution plus simple a donc été retenue avec l’installation d’une cuve hors-sol dans le local vélos, destinée à la récupération des eaux de pluie pour l’arrosage des espaces verts et équipée d’un trop-plein raccordé au réseau d’évacuation existant. À plus long terme, une réflexion pourrait être menée sur la valorisation des eaux pompées pour des usages spécifiques, notamment dans le cadre des besoins des services de secours.
Stratégie pour la transformation de bureaux en logements :
Le retour d’expérience de l’opération du 216 rue Nationale a conduit Lille Métropole Habitat à faire évoluer sa stratégie pour les opérations de transformation de bureaux en logements actuellement engagées, notamment aux 75-77 rue Gambetta et à Vauban. Les difficultés rencontrées sur le 216 rue Nationale ont mis en évidence les limites d’une organisation reposant sur une multiplicité de corps d’état, notamment pour les travaux de réemploi et les interventions techniques complexes. Cette fragmentation a contribué à une dérive des coûts et à une complexification du pilotage. Pour les opérations suivantes, le choix s’oriente donc vers des marchés de conception-réalisation avec dialogue compétitif, permettant de s’appuyer sur une entreprise générale capable de coordonner l’ensemble des interventions, de maîtriser les contraintes techniques et de gérer efficacement les relations avec les riverains et les autres parties prenantes. Cette procédure apparaît également particulièrement adaptée à des opérations de transformation encore peu standardisées, pour lesquelles les méthodes et les équilibres économiques continuent de s’affiner.
Cadre de la commande publique :
Le dialogue compétitif présente également un intérêt important en phase amont. Sur le 216 rue Nationale, la maîtrise d’ouvrage a constaté que les diagnostics commandés ne répondaient pas toujours avec suffisamment de précision aux besoins des équipes de conception. Le recours à une procédure plus collaborative permet d’associer plus tôt les équipes de maîtrise d’œuvre, qui peuvent préciser les investigations nécessaires et demander des compléments de diagnostics avant le lancement des études.
Calendrier du projet :
Les travaux de curage et de désamiantage ont débuté le 30 septembre 2024 pour une durée prévisionnelle de cinq mois, Cependant, un ordre de service d’arrêt a été notifié le 20 décembre 2024. L’entreprise a en effet mis en évidence une présence d’amiante plus importante que celle identifiée dans le rapport RAAT initial. Le surcoût lié à ce complément de désamiantage est estimé à ce jour à 387 345 € HT, soit une augmentation de 164 % par rapport au marché initial.
Par ailleurs, en raison d’un blocage contentieux et de la résiliation de la maîtrise d’œuvre liée à un dépassement des honoraires au-delà de l’enveloppe contractuelle, les travaux de curage n’ont pas pu reprendre.
Dans ce contexte, Lille Métropole Habitat a fait le choix de suspendre la reprise des travaux dans l’attente de la décision de justice relative à la conservation ou non de la surélévation du projet. Cette décision est déterminante, car elle impacte directement la nouvelle consultation de la maîtrise d’œuvre ainsi que le coût global de l’opération.
Enfin, le périmètre du curage incluant également le remplacement des menuiseries extérieures, il a été décidé de maintenir le bâtiment hors d’eau / hors d’air en attendant le jugement du recours, lequel conditionnera également les objectifs énergétiques du projet, notamment l’atteinte du label ENERPHIT.
L’opération du 216 rue Nationale reste donc à ce jour suspendue à l’issue du recours contentieux engagé contre le projet. Après la clôture de l’instruction le 23 février 2026, aucune date d’audience n’a encore été fixée. Cette incertitude a conduit à suspendre la relance de la consultation de maîtrise d’œuvre, le programme pouvant être profondément modifié en cas d’annulation de la possibilité de surélévation. En parallèle, plusieurs sujets techniques restent à traiter, notamment la finalisation du diagnostic amiante et le lancement d’un marché spécifique de maîtrise d’œuvre pour les travaux de démolition et de désamiantage. Malgré ces aléas, Lille Métropole Habitat considère le projet comme suffisamment avancé pour être poursuivi, même si sa temporalité et son périmètre définitif demeurent aujourd’hui incertains.
- Collectivité : Ville de Lille
- Maîtrise d'ouvrage : Lille Métropole Habitat
- Maîtrise d'oeuvre : Polynôme Architecture
- Structure de recherche : ENSAP de Lille